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Histoire de Noisy-le-Sec


1922, vue de Noisy-le-Sec – Photos X, DR

Au début du 19ème siècle, Noisy-le-Sec est encore un village agricole : 95% des terres de la commune sont cultivées. Les exploitations sont minuscules, mais les maraîchers sont pratiquement tous propriétaires de leurs terres.


Noisy-le-Sec, la place de la Mairie – Photos X, DR

Le village vit assez isolé, mal desservi par des voies de communication en mauvais état, impraticables par gros temps.


Ouvriers des carrières en 1925
– Photos X, DR

L’exploitation des carrières est la seule industrie locale, mais à partir de 1845, le village de 2 000 habitants va connaitre une profonde mutation : l’installation du chemin de fer bouleverse la configuration ancienne, absorbe une partie des terres cultivées, coupe le village en deux, amène une population nouvelle, et dès le début du 20ème siècle, permet une installation des usines métallurgiques.


Une carrière de Noisy-le-Sec, vers 1900 – Photos X, DR

En 1920, Noisy-le-Sec compte 16 000 habitants, et s’est développée autour de deux axes principaux : la ure de la Forge, maintenant rue Jean-Jaurés, et la rue du Merlan.


Noisy-le-Sec – Platrière Wandhereyd
– Photos X, DR

AU TEMPS DES CARRIERES

Depuis le 16è siècle, le sous-sol a toujours été exploité à Noisy-le-Sec.


Noisy-le-Sec, Au temps des maraîchers – Photos X, DR

En 1987, quatre carrières de gypse emploient de 300 à 400 ouvriers : deux sont situées sur le flanc de la colline de Romainville, aux lieux-dits “Le Parc” et “Sous Le Parc”, exploitées à ciel ouvert. Une autre est située rue du Goulet (à l’emplacement du Stade Huvier) et la dernière entre les rues de la Levée (aujourd’hui : rue du 18 avril 1944 et de Neuilly. Cette dernière servit longtemps de champignonnière, puis d’abri pendant la seconde guerre mondiale.

Photos X, DR

Les ouvriers des carrières sont pour la plupart étrangers à la commune, mal intégrés, et sont l’objet, à la fin du 19ème siècle, de nombreuses plaintes de la population (ivresse sur la voie publique les jours de paye, maraudage…). En 1900, il n’y a plus qu’une centaine d’ouvriers, on produit alors 50m3 de plâtre par jour.

Photos X, DR

Peu à peu cette activité va régresser, jusqu’à disparaître dans les années 1950.

Maraîchers noiséens aux halles de Paris, vers 1900 – Photos X, DR

La présence de nombreuses galeries mal remplayées continue à peser sur l’urbanisation de la ville (risque d’effondrements, fontis).

AU TEMPS DES MARAICHERS

Jusqu’en 1845, date de l’implantation du chemin de fer, les 9/10ème de la population vivent de l’agriculture.

A la fin du 19ème siècle, 1/6è des noiséens sont maraîchers ou agriculteurs.

La production locale est destinée à la vente aux Halles de Paris. On cultive principalement des asperges, des artichauts, l’ail le thym, les fruits par culture en espaliers, les pivoines. On cultive peu de céréales à Noisy-le-Sec. En revanche, la culture de la vigne fut importante sur les pentes de “Cerisy”, jusqu’à la construction des forts en 1830. Les dernières vignes furent arrachées en 1910. Signalons aussi des noyers, en culture isolée ou en “futaie”, qui sont à l’origine du nom de Noisy-le-Sec. Les plus vieux noyers furent détruits par les fortes gelées de 1889.

Photos X, DR

On exploite, en petites parcelles, les terres du Londeau, les collines de la Boissière, la plaine des Carrouges, le Trou Morin.

La vie des maraîchers est particulièrement dure : le départ pour les Halles de Paris a lieu vers 21 heures en char à banc : le “placement” commence vers 23 heures, il faut ensuite décharger la marchandise. Le retour à lieu vers midi ou 14heures le lendemain; Les routes sont difficiles, mal entretenues, les véhicules inconfortables.

Fontaine Jeanne d’Arc – Photos X, DR

Noisy-le-Sec n’étant arrosée par aucun cours d’eau, l’arrosage des cultures se fait par des puits. Quelquesfois, on transporte l’eau sur les terres dans des tonneaux. Deux fontaines sont alimentées par des sources : celle du Fond d’Orval et celle du Goulet. La fontaine de la place Jeanne d’Arc, dont il ne reste aujourd’hui que les goulottes de fonte était alimentée par un puits depuis 1849.

Il n’y a pratiquement jamais eu d’élevage à Noisy. Toutes les terres sont cultivées, aucune ne reste en pâture.

En 1950, Noisy ne compte plus que cinq horticulteurs et vingt-quatre exploitants maraîchers, 6% des terres de la commune sont encore cultivées (oseille, oignons, ail, échalottes, thym, betteraves rouges, pivoines).

LE CHEMIN DE FER A NOISY

Le chemin de fer joue un rôle prépondérant, dans le développement de la ville, en boulversant son économie : il permet des relations nouvelles avec Paris, l’installation d’usines métallurgirques, et par l’importance de la gare, amène une population nouvelle de cheminots.

– Photos X, DR

La ligne Paris-Meaux est inaugurée le 1er juillet 1849. Le train met alors 1h25 pour effectuer le trajet, et rencontre tout de suite un très vif succès auprès du public. La ligne est rapidement prolongée jusqu’à Mulhouse et Strasbourg, Noisy étant la grande gare de bifurcation des lignes issues de la gare de l’Est. Ce fait est important car Noisy devient un noeud ferroviaire essentiel pour le trafic vers l’Est de la France.

Photos X, DR
Implantations des usines métallurgiques à proximité des voies ferrées

L’ouverture de la grande ceinture en 1875 amène la construction du triage en 1880. Le dépôt est ouvert en 1892 avec ses rotondes construites en acier (comme la tour Eiffel…) de 70 mètres de diamètre. Les ateliers du matériel roulant sont mis en service en 1914.

Les deux rotondes ont été détruites par les bombardements du 18 avril 1944 et
non pas été malheureusement reconstruites –
Photos X, DR

Au début du siècle, la gare de Noisy compte quatre secteurs d’activités :
– le trafic voyageurs, le triage, le dépôt et les ateliers.

Réparation des voies après le bombardement du 18 avril 1944 Photos X, DR

2 300 personnes sont employées au chemin de fer en 1914. Cette activité va régresser progressivement. En 1935, la ligne grande ceinture est fermée au trafic voyageurs. Le bombardement de 1944 détruit totalement le triage, endommage gravement les ateliers (136 bombes dans l’enceinte du magasin général) ainsi que les rotondes du dépôt.

Poste de régulation – Noisy-le-Sec 1982 – Photos X, DR

Le triage n’est remis en service qu’en 1952. En 1971, les ateliers sont transformés en “entretien”. Il n’y a plus que 800 personnes travaillant au chemin de fer en 1974. La disparition progressive de la vapeur, la non-électrification du dépôt, l’amélioration des techniques, l’utilisation des matériaux plus fiables et le choix du développement des transports routiers expliquent la diminution de l’activité cheminote à Noisy-le-Sec.


Cheminots Noiséens, adhérents du Syndicat National des Chemins de Fer, lors d’une grève en 1910 – Photos X, DR

La gare de Noisy reste cependant un centre de triage primordial de la région parisienne pour la région parisienne pour le régime accéléré : 1.200 wagons sont triés chaque jour, ne stationnant que 2 heures dans la gare en moyenne.

Photos X, DR

La vie du chemin de fer au 20e siècle est ponctuée par les grands moments de l’histoire du pays. Les cheminots noiséens ont toujours été à ces grands rendez-vous, par exemple :
en 1920 : la grève pour les droits syndicaux, le relèvement des salaires, la nationalisation des compagnies est très largement suivie à Noisy.
en 1936 : les cheminots obtiennent les 40 heures par semaine, la reconnaissance des droits syndicaux et l’augmentation des salaires.

Ouvriers de l’entreprise VALLOUREC, à Noisy-le-Sec Photos X, DR

Pendant la seconde guerre mondiale, les cheminots noiséens participent activement

Bientôt….en cours de rédaction….

LES ECOLES

En 1920, il n’y avait que 5 écoles pour 16.000 habitants, ce qui explique le grand nombre d’élèves par classe (40 à 45).
– 2 écoles de garçons : Gambetta – Damas (Brossolette),
– 2 écoles de filles : Gambetta – Cottereau
– 1 école maternelle : Béthisy

Les années 30 sont marquées par l’inauguration de 2 groupes scolaires : Baudin et Boissière. Chacun de ces groupes étant consitué d’une école de filles, d’une école de Garçons et d’une école maternelle.

Photos X, DR

Il faut attendre les années 60, pour que la situation des équipements scolaires à Noisy-le-Sec évolue sensiblement, malgré l’implantation de quelques préfabriqués en 1955 et 1957 (Neuilly et classe wagon de l’avenue Marceau).

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Au rythme de l’extension de la ville et de la reconstruction, des groupes scolaires sont créés :
– Léo Lagrange,
– d’Etienne d’Orves,
– Langevin,
– Londeau.

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LA CAISSE DES ECOLES
La caisse des écoles tient une grande place à Noisy-le-Sec. Créée en 1881, constituée d’habitants attentifs aux problèmes de la vie scolaire et de l’enfance, elle gère la restauration scolaire et les centres de vacances.

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Cette association a joué un rôle très actif ces dernières décennies. Le temps des cantines et des colonies est révolu. Si la Godelle, dans les Vosges, première colonie noiséenne, a vu passer depuis 1932 bien des générations de colons, d’autres centres se sont ouverts, aux conditions de fonctionnement mieux adaptées aux besoins des enfants.

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Cours d’apprentissage
Dans les années 30, faute d’enseignement technique organisé au plan national, la commune prend à sa charge, avec l’aide de compagnons, des cours de formation professionnelle. Ces cours (ajustage, dessin industriel, menuiserie, mécanique, électricité, fonderie) sont destinés aux apprentis et aux jeunes ouvriers et accueillent une centaine d’élèves. La section de fonderie est alors unique dans le département de la Seine.

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Après la guerre, une école d’apprentissage dépend de l’école Brossolette, puis devient collège technique installé dans les baraquements en face de la mairie et rue Saint-Denis.

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Noisy-le-Sec est restée longtemps sous-équipée en établissements secondaires, bien que son collège technique ait été un des premiers du genre après la guerre.

Photos X, DR

Il faudra de nombreuses actions de la population et des élus pour que la ville soit enfin dotée de lycée, L.E.P ET C.E.S.

Photos X, DR

A son ouverture, dans des préfabriqués en 1962, le lycée n’est encore que l’annexe de celui de Drancy.

Photos X, DR

LA VIE ASSOCIATIVE, LES FETES ET LES LOISIRS

Depuis la fondation de la compagnie d’Arbalète en 1864 et de la Vigilante en 1882, de nombreuses associations se sont créées, offrant aux Noiséens la possibilité de pratiquer des activités sportives ou culturelles très variées.

Moments privilégiés de la vie de la cité, les fêtes témoignent de la vitalité de cette vie associative.

Comme partout ailleurs, Noisy-le-Sec a connu des fêtes scolaires et des distributions de prix solennelles : discours, démonstrations gymniques, spectacles… Ces fêtes ont peu à peu perdu de leur faste et de leur rigidité. L’école a également trouvé d’autres formes d’ouverture et de participation à la vie locale.

Le canal de l’Ourcq, ouvert en 1822 pour assurer le transport des marchandises, sera longtemps un lieu privilégié de promenade, de pêche et de baignade pour les Noiséens.

DEUX DATES IMPORTANTES DANS L’HISTOIRE DE NOISY

1936
La crise économique, la menace du fascisme et de la guerre caractérisent les années 30.

En riposte à cette situation, la population noiséenne élit en 1935, une municipalité de gauche (P.C.F S.F.I.O Radicaux) ayant à sa tête pour la première fois un maire communiste, M. Routhier, “pour le pain, la paix et la liberté”.

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L’aide aux chômeurs (720 sur 24 000 habitants) et aux victimes de la crise devient une des orientations prioritaires en 1935.

En 1934 : 1 .900.000 francs sont attribués par la commune au fonds de chômage.
En 1935 : 2.800.000 francs.

Photos X, DR

La municipalité et les partis de gauche organisent la solidarité avec les Républicains espagnols en lutte contre Franco.

LE BONBARDEMENT DE 1944

La nuit du 18 avril 1944, Noisy-le-Sec subit un très important bombardement d’environ 25 minutes. Pendant plusieurs jours, près de 200 bombes à retardement continuent à causer de gros dégâts et entravent les opérations de secours.

Bombardement d1 18 avril 1944 – Noisy-le-Sec – Photos X, DR


Construction des baraquements dans le quartier de la gare en 1944
Photos X, DR

La zone effectivement atteinte a très largement dépassé l’objectif (la gare de triage) et intéressé une aire de 6 km sur 3 km. Les communes avoisinantes sont également touchées.

Après le bombardement, Noisy-le-Sec est la ville la plus sinistrée du département de la Seine-Saint-Denis, atteinte dans ses éléments vitaux :
– gare, mairie, adduction d’eau, égouts, téléphone, maisons, écoles.
Son état est tel que le gouvernement de Vichy la déclaire : “ville morte” et envisage sa destruction pure et simple. La population sous l’impulsion de Mr. Henri Quatremaire refuse cette décision et se met à la tâche pour reconstruire la ville.

Au total, on dénombrera :
– 464 mors, 370 blessés,
– 500 maisons détruites, 2 500 maisons endommagées.

En août 1944, il n’y a plus que 6 000 habitants (22 000 en 1939).

Boulevard de la République pris de la rue de la forge, devenue rue Jean-jaures
Photos X, DR

L’URBANISATION

Jusqu’en vers 1920, Noisy s’urbanise autour de deux îlots : ce qu’on appelle le “bourg”, à savoir la rue Jean Jaurès (qui s’appelait alors rue de la forge)/mairie et le merlan.


Rue de Merlan vers 1900 – Photos X, DR

Par la suite, la périphérie de la ville (haut-Goulet, rue de Brément, la Boissière) se construit progressivement, pas forcément logiquement…jusqu’à la seconde guerre mondiale. De nouvelles rues sont ouvertes, les installations de voiries refaites (éclairage, adduction d’eau, égouts,…).

Après la guerre, Noisy prend peu à peu son visage actuel en construisant sur les parcelles encore disponibles, reliant ainsi les quartiers excentrés au centre ville : le Londeau, la cité de l’Avenir, les Bergeries…

Notre ville doit alors faire face à une double exigence :
– reloger les sinistrés du bombardement,
– répondre à la poussée démographique et au refoulement de la population parisienne vers la banlieue. On construit donc d’abord des baraquements, dont quelques uns vont durer près de 20 ans…, puis les premiers logements collectifs (pavillons collectifs du Londeau en 1951, Neuilly en 1956).

Le merlan : une cité expérimentale

La cité expérimentale de Merlan sera  édifiée de 1945 à 1953 : 56 maisons vont être construites : toutes uniques, à partir de pré-fabriqués ! Cette cité expérimentale sera édifiée grâce à la solidarité internationale : la Suisse, le canada, les États Unis, la Suède, l’Angleterre… : beaucoup de ces maisons sont arrivées par le port du Havre, puis par camion !

Contrairement aux pays du nord, où le bois a été privilégié, en France, les matériaux lourds seront privilégiés :
– le béton,
– la pierre,
– la pierre reconstituée (ciment imitant la pierre),
– le métal,
– l’aluminium,
– la brique…

Certaines maisons de ce quartier, ont été construites en 2 semaines et demi , mais la durée moyenne d’une construction d’une maison était de 3 mois. Les locataires de cette cité expérimentale étaient des propriétaires sinistrés du centre ville. Ces nouveaux locataires s’étaient engagés à ouvrir les portes de leur maison aux ingénieux, architectes, deux fois par semaine, afin de suivre et de mesurer les avantages et inconvénients des différents matériaux utilisés pour ces maisons.

56 maisons (isolées ou jumelles, en RCH ou à un étage), pas une n’est identique ! Pourtant, elles ont toutes en commun un certain nombre de similitudes, comme l’a préconisé le M.R.U (Raoul Dautry), à savoir :
– une petite cuisine (7 m²) ouverte sur le salon,
– une salle d’eau ou une salle d’hygiène (=une salle d’eau+ espace pour le nettoyage du linge)
– les chambres faisaient entre 10 et 12m²,
– enfin ces maisons devaient avoir une double entrée…
L’idée étant de construire des habitats qui  nécessite le moins de matériaux, et qui consomme le moins possible d’énergie ! Notez que l’aménagement paysager à particulièrement été soigné.

Une des 56 maisons construites a mis plus de deux ans, faute d’approvisionnement de matériaux, une autre a été démolie tout de suite une fois construite, une autre encore n’a pu être construite car le mode d’emploi n’est jamais arrivé… surtout, la main d’oeuvre était peu qualifiée ! Pourtant, très vite, le gouvernement d’après guerre, et surtout le Ministère du Réaménagement et de l’Urbanisme se rendit compte qu’on ne pouvait estimer le coût d’une maison, construite en un seul exemplaire…

A la fin des années 70, toutes ces maisons ont été rachetées : sauf 8 !

Aujourd’hui, en 2008, il ne reste plus que 43 maisons.
La cité expérimentale de Merlan est inscrite au Patrimoine historique et fait ainsi parti de circuits touristiques.
La municipalité n’est plus que propriétaire que d’une seule maison qui reste à ce jour inexploitée ! Beaucoup de ces maisons ont été modifiées et/ou agrandies ! Certaines de ces maisons sont également squattées…

la cité de Merlan en photos

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