Découvrez comment un SDF m’a bouleversé avec quelques mots

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une expérience que je viens de vivre et qui n’a rien à voir avec les élus de Noisy-le-Sec : Alors que je sors de foire du Trône à Paris, un SDF me demande vendredi soir d’aller lui acheter un sandwich pour manger. Il ne m’a pas demandé de l’argent, non, il m’a demandé d’aller lui acheter de quoi se nourrir ! D’ordinaire, quand on me demande de l’argent, je ne donne jamais, car j’estime que la mendicité n’est pas un métier et qu’il est intolérable d’exploiter des animaux, des vieillards, des enfants, et même des bébés pour jouer avec nos sentiments.

C’est la première fois qu’on me demande de la nourriture ! Mais j’étais loin d’imaginer que ce qu’il allait m’annoncer allait encore plus me bouleverser  : « on m’a volé ma maison », moi j’ai cru qu’on l’avait cambriolé là où il vivait, il m’a alors répondu, « on m’a volé ma maison, on m’a volé ma tente » ! C’est là que j’ai pris conscience de la réalité.

Comment peut on voler la tente à un SDF ? C’est inimaginable. Déjà que je suis écoeuré que certains usent et abusent des associations humanitaires et d’aides aux plus démunis alors qu’ils ne sont pas réellement dans le besoin, y compris à Noisy.

A Alexandro, Je lui ai promis de revenir et je le vois monter sur une grille pour disparaître dans un square et trouver un endroit où dormir sous un banc avec des cartons tout en me remerciant pour le repas. Le lendemain, je me rends à Décatlhon de Noisy pour acheter une tente : noyé parmi les modèles, je demande conseil à un vendeur qui me dit qu’il travaille pour l’association Don Guichotte, je lui ai dit qu’il y avait urgence là, qu’il allait pleuvoir ce weed-end, il m’a alors orienté vers le modèle pour « SDF ».

Le soir même, lorsqu’Alexandro m’a vu, il fut surpris il pensait que je n’allais pas revenir. Je lui ai dit que j’avais une tente pour lui. Il était fou de joie et s’est empressé de la monter, comme un gamin qui reçoit un jouet tant convoité un soir de Noël.

Une fois la tente montée, je lui ai demandé s’il avait mangé il m’a dit que non et j’ai l’ai emmené au coin de la rue pour lui offrir un repas chaud. Pour moi, c’est peu… pour lui, j’étais devenu le temps de quelques heures son ange gardien.

Je lui pose des questions sur sa vie et il me répond spontanément. Pourquoi tu n’appelles pas le 115 ? avec quoi ? Il n’y a pas plus de cabine et si je demande, le 115 est débordé et ne viennent pas toujours. Pourquoi tu ne vas pas dans un centre d’hébergement pour sans abris ? « Parce que les places sont peu nombreuses et que le matin on nous mets dehors, c’est pas une vie » La police est gentille avec toi ? « Oui très très gentille, elle me laisse tranquille et s’arrête de temps en temps pour savoir si tout va bien ». Les gens sont sympas avec toi ? Oui, il y a quelques gens gentilles, mais pour la majorité, ils ne me regardent pas, c’est comme si j’étais un arbre”

Dimanche, il a plu toute la journée et il ne fait pas très chaud, j’ai alors mis une annonce sur Facebook à la recherche d’une couette ou d’une couverture chaude et de quelques vêtements. Une nouvelle fois, j’ai été surpris par la réactivité et la générosité de mes amis facebookiens. A commencer par Leila H qui m’a donné une couette et une veste en laine blanche, Nabil F, qui m’a offert une veste de sport à capuche, à Julien D. pour m’avoir donné une couverture et un blouson.
Je les remercie sincèrement d’avoir participer à leur manière à rendre un sans abri heureux. Je remercie sincèrement évidemment tous les autres qui m’ont apporté soutien et conseils, et ce, malgré nos divergences d’opinions politiques.

Vers 23H, lorsque je suis arrivé devant « la maison » d’Alexandro, il était en train de boire un Fanta, songeur,  assis dans sa tente. je lui ai klaxonné. Il m’a immédiatement reconnu et est venu à ma rencontre : je lui ai montré les vêtements un à un que je sortais de deux gros sacs  : il était émerveillé. Il avait les yeux grands ouverts et n’en revenait pas ! C’était comme si c’était à nouveau Noël pour lui ! Il s’empressa de les essayer et n’arrêtait pas de me dire « merci mon ami, merci mon ami ».

Cette petite expérience m’a rappelé dans ses temps troubles que nous sommes tous humains, quelques soient notre religion, notre race, notre statut social. Malgré nos différences, nous pouvons cohabiter et nous entre-aider. Si chacun de nous faisait ne serait ce qu’une bonne action de temps en temps, le monde serait bien meilleur.

En attendant, c’est un nouveau départ qui commence pour Alexandro, avec une nouvelle « maison » et de nouveaux « vêtements » : si vous le croisez de l’autre côté du trottoir en face de l’entrée de la foire du Trône, si vous voyez une tente, n’hésitez pas à aller le saluer, assurément il va vous étonner.

tente

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