ELECTIONS MUNICIPALES
Toc toc, mais qui c’est qui est là ? L’écharpe et son aller-retour. Le Gag Finalement, olivier Sarrabeyrouse n'a pas rendu son écharpe. il reste aux commandes.
Le 30 octobre, le maire de Noisy-le-Sec annonçait qu’il allait « rendre cette écharpe ». Quelques jours plus tard, il se présente de nouveau comme « toujours votre maire » et dénonce le recours d’un concurrent. Chronologie, citations et pièces du dossier : récit d’un aller-retour.
Une annonce avant la fin du délai
Dans sa première vidéo, le maire affirme qu’à 22 heures, « quelques minutes avant l’épuisement du délai d’appel », il annonçait l’annulation de l’élection de mars. Il ajoute : « À partir de ce vendredi soir, je ne serai plus votre maire. » Si l’on retient l’échéance du 30 octobre, il restait pourtant deux heures avant minuit. Le tribunal administratif de Montreuil a annulé, le 30 septembre 2026, les opérations électorales des 15 et 22 mars. La liste arrivée en tête, « Toujours Noisy », avait recueilli 46,75 % des suffrages exprimés (4 715 voix), selon le point 2 du jugement.
Un recours devenu « sabotage »
Dans la seconde vidéo, le maire explique avoir fait « le choix de ne pas faire appel », mais constate qu’un autre concurrent, lui, l’a fait. Il en conclut : « L’annulation est donc annulée, ou plutôt reportée. » Puis il parle de « manœuvres ridicules » et assure que ses adversaires « tentent de nous saboter ». Or, en matière municipale, l’appel permet en principe aux élus de rester en fonctions jusqu’à la décision définitive (article L.250 du Code électoral). Le recours dénoncé comme un sabotage est donc aussi ce qui maintient le maire en place. Faire appel est un droit : il n’a pas à être justifié.
Triches ou irrégularité ?
Le maire évoque « les triches constatées uniquement chez nos concurrents ». Dans sa première vidéo, il disait déjà : « Elle a triché. » Le jugement est plus nuancé. Il retient une irrégularité dans une déclaration de candidature, mais précise au point 16 qu’elle « ne constitue pas une fraude ». Une irrégularité retenue n’est pas une fraude : la distinction mérite d’être rappelée sans rien retrancher du jugement, qui a bien annulé le scrutin.
Trois mois, ou un an ?
Dans la première vidéo, le maire annonce qu’une délégation spéciale sera nommée par le préfet jusqu’à un nouveau scrutin « dans les trois mois ». Dans la seconde, il déclare : « Nous ignorons quand pourrait avoir lieu une nouvelle élection. » Il évoque quelques mois, voire un an. Entre les deux, la situation a changé, mais le calendrier annoncé comme certain ne l’est plus.
Information ou communication de liste ?
Le maire associe aussi les agents municipaux à cette polémique, en parlant de « votre service public local ». Leur mission est de servir les habitants, indépendamment des rivalités entre listes, et rien ne permet de leur prêter une opinion électorale. Reste une question : où s’arrête l’information municipale, où commence l’argumentaire de liste ? Le maire s’y présente aussi « entouré d’une équipe municipale unie ». Le financement et la diffusion de cette vidéo ne sont pas établis à ce stade : seules des pièces précises permettront de le dire.
Repères
Noisy-le-Sec
Jugement du TA de Montreuil du 30 septembre 2026 : 46,75 % des suffrages exprimés (point 2) ; irrégularité qui « ne constitue pas une fraude » (point 16) ; annulation des opérations des 15 et 22 mars 2026.
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